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Burma's exiled ethnic nationalities seminar held in North America

Le Président Jacques CHIRAC parlera-t-il pour la France ou pour TOTAL?
 
Kanböza Win
 
Le monde a apprécié la nouvelle selon laquelle le Président français Jacques Chirac n’assistera pas à la cérémonie d’accueil des délégués de la junte militaire birmane lors du sommet Asie-UE qui aura lieu au Vietnam le 7 octobre. Le Président craint qu’assister à la cérémonie ne signifie une reconnaissance, sinon une approbation, de la junte qui a sans cesse violé les droits de l’homme. Le porte-parole de Chirac, Jérôme Bonnafont, a indiqué que, pendant ce temps, le président irait visiter le site archéologique d’une ancienne cité impériale au centre du pays. Tout au moins cette attitude montrera que, contrairement aux pays de l’ASEAN, le Président Jacques Chirac ne ferme pas les yeux sur les graves violations des droits de l’homme commises par la junte birmane, et le peuple birman tout entier le félicitera pour cette prise de position. Point. Mais ce geste n’est qu’une goutte d’eau dans l’immense océan des injustices commises à l’encontre du peuple birman tout entier par une compagnie pétrolière française géante, TOTAL.
 
Le peuple birman ne pourra cependant oublier que le Président Chirac est très proche de la compagnie pétrolière française TOTAL qui opère en Birmanie et qu’il est l’un des responsables de l’UE qui déconseille vivement de prendre des sanctions économiques contre la junte. En fait, le peuple birman a toujours fait cause commune avec les pays du tiers-monde dans lesquels les droits de l’homme et les ressources naturelles ont été impitoyablement et sans pitié exploitées par les pays du premier monde. Les Karen, les Mon et les Tavoynians ont dû fuir et se réfugier en Thaïlande, l’armée birmane ayant confisqué leurs fermes pour laisser la voie libre aux gazoduc de TOTAL.
 
A cause de la mondialisation, le pouvoir est de plus en plus passé des gouvernements en place à de gigantesques sociétés et entreprises multinationales, ce qui prouve que le pouvoir économique a pris le pas sur le pouvoir politique. Certains gouvernements, notamment le gouvernement français, sont tout simplement à la merci de ces sociétés qui usent de leur influence de façon invisible pour satisfaire leurs propres aspirations. C’est exactement le cas de la France où  TOTAL contrôles les gens du Quai d’Orsay (le ministère des Affaires Etrangères). Quelle autre preuve faudrait-il  quand on sait que l’ancien ambassadeur de France en Birmanie, M. Bernard Amaudric du CHAFFAUT, basé à Rangoon, était précédemment le responsable de la Division internationale de TOTAL.  En outre, très récemment le gouvernement français lui-même a investi dans TOTAL. Combien de fois Dominique GERARD, directeur du service Asie et Océanie du Quai d’Orsay, a-t-il rencontré les hommes du Col. Khin Nyunt`s ? N’importe qui peut deviner ses transactions secrètes.
 
En l’absence de valeurs morales, le but ultime de TOTAL est exclusivement matériel : produire du pétrole au moindre coût même si c’est au prix du sang et de la sueur du peuple birman. A ce jour, il n’existe pas la moindre preuve que TOTAL et ses complices économiques aient fait quoi que ce soit pour la population locale qu’ils considèrent à peine comme des être humains. Cette compagnie pétrolière française est simplement incapable de concevoir une méthode civilisée permettant de combiner règles morales et gains économiques. Ils ne se rendent tout simplement pas compte que la manière dont la compagnie fixe les conditions de sa participation joue un rôle important dans la lutte pour la démocratie et le respect des droits de l’homme en Birmanie. Cela a sérieusement discrédité l’attitude morale du peuple français tout entier ainsi que de la communauté européenne.
 
Le fait même que TOTAL cherche à investir dans des pays qui enregistrent les pires résultats en matière d’environnement et de droits de l’homme, comme par exemple le Soudan, prouve qu’il a délibérément choisi ces pays afin de ne pas avoir à répondre de ses actes face au monde civilisé,  et qu’il remplit en même temps les coffres des dictateurs afin d’accroître ses profits. Dans le cas des champs pétrolifères Yadana en Birmanie les boues produites par les forages contiennent de nombreuses substances y compris de l’arsenic, du baryum, du plomb, des métaux corrosifs et des matériaux radioactifs tel que le Radium 226, qui sont simplement déversés sur le sol ou dans les cours d’eau.
 
Qu’y a-t-il de plus paradoxal que les dires de la compagnie, à savoir que le respect des droits de l’homme serait moindre si elle n’était pas là ? Il semble qu’il n’y ait aucune logique dans un pays tel que la Birmanie si on s’en tient toujours à « la politique économique selon laquelle la richesse  finit par toucher les plus pauvres ». Dans sa soif de profit, elle a  ignoré le caractère exceptionnel de la détermination de la junte birmane d’empêcher l’extension de la classe moyenne qui est la base de la démocratie. La junte a établi un règlement exceptionnel exigeant que tout investissement étranger passe par le Myanmar Economic Holdings (Holding économique du Myanmar), qui est détenu par les militaires et qui exerce son influence sur le secteur économique privé.  En d’autres mots, c’est le contraire de « la politique économique selon laquelle la richesse  finit par toucher les plus pauvres » qui est vrai à savoir, les investissements de TOTAL en Birmanie prolongent la dictature et la misère des 55 millions de Birmans.
 
Dans sa soif de tirer le maximum de profits, cette horrible compagnie française a involontairement adopté une espèce d’instinct animal. Elle pense que parce qu’elle est financièrement puissante elle peut contrôler non seulement l’armée birmane mais aussi l’économie du pays et que tout opposition doit être éliminée par tous les moyens. En d’autres mots, elle entretient la loi de la jungle. Les Birmans ordinaires avec lesquels elle a eu des contacts ne sont même pas considérés comme des pions dans le jeu d’échecs interne des profits pétroliers.
 
Ce type d’instinct peut être encore mieux illustré par l’explosion de gaz chimiques de Toulouse qui a tué et blessé de nombreuses personnes. Cela a non seulement souligné une politique acharnée visant à économiser de l’argent en refusant de prendre les mesures de sécurité nécessaires mais aussi à influencer les médias pour minimiser les conséquences. Etant donné que le profit est le principal critère, y compris au prix de la vie des citoyens français, chacun peut facilement imaginer le sort réservé aux peuples du tiers monde, entre autres du peuple birman.
 
Actuellement, à cause des pressions internationales, la compagnie française est redevenue nerveuse. Elle commence à lancer des petits projets humanitaires et essaye d’impressionner les forces pro-démocratiques avec de vagues promesses. Il est clair qu’elle veut être du côté des gagnants. Le temps seul nous dira si elle réussira à  tromper les groupes qui luttent pour la démocratie et l’autonomie. Il est très triste de voir que la France qui était considéré comme le centre de la civilisation européenne a nourri une telle compagnie qui a mené ses affaires en piétinant les droits de l’homme et la démocratie et dans des régions où les ressources sont secrètement réparties et où la majorité de la population ne peut s’exprimer.
 
L’économiste, Hernando de Sato, a montré que les pauvres sont marginalisés parce qu’ils n’ont pas de capitaux et que les entreprises peuvent encourager les gouvernements du tiers monde à développer des structures légales pour permettre aux personnes marginalisées de participer au marché qui, à son tour, soutiendra les entreprises. Il semble que l’absence de contribution des entreprises à la paix et à la démocratie encourage la guerre, la violence, l’épuration ethnique, etc. En bref, le fait d’être dans l’incapacité d’accorder du pouvoir aux gens et de leur permettre de vivre dans une société pacifique et un environnement durable produira automatiquement un effet contraire à ce que fait actuellement TOTAL.
 
La Birmanie n’ayant pas été une colonie française et n’étant pas très connue en France, les Français ont très peu d’idées sur la gravité de la situation en Birmanie. Ils ne peuvent pas comprendre que c’est quelque chose de similaire ou de pire que la situation des citoyens français avant la révolution française de 1789.  Un journaliste français qui a écrit dans un journal parisien sur la situation économique de la Birmanie et l’implication de la compagnie française a été menacé. A l’époque, tout le monde savait que TOTAL était en partie détenue par le gouvernement français.  L’attitude qui prévalait était « C’est leur affaire, nous ne nous impliquerons pas dans les affaires intérieures des autres peuples » (cf. Le Figaro). Le baron français, Thierry Desjardins, un fervent partisan de Chirac, déclare « La Birmanie est maintenant sur la bonne voie économiquement parlant. Les experts prévoient que ce pays deviendra un des plus puissants dragons de l’Asie au 21ème siècle ». Il omet de mentionner les graves violations des droits de l’homme ainsi que le trafic de la drogue que les généraux birmans encouragent. Beaucoup de citoyens français ignorent  où est la Birmanie ou visitent le pays sans aucun remords. L’événement le plus important se situe à Paris, durant le Salon international du tourisme où le Général Kyaw Ba, l’ancien ministre du tourisme de la junte était l’hôte d’honneur. Les organisateurs, avec le président de l’association des journalistes professionnels du tourisme et le directeur de Asia Tours, la principale agence de voyage française opérant en Birmanie ont reçu le prix Gulliver de la découverte culturelle de la Birmanie, une distinction qui a été créée en 1996.
 
Quand le Général Maung Aye, Vice-président de la junte, est venu en visite en France, un accueil somptueux lui a été réservé même si l’UE avait arrêté une position commune. L’administration de Chirac violait sciemment l’esprit des sanctions de l’Union européenne interdisant l’entrée de tout officiel du régime. C’est une illustration typique des relations françaises.
 
L’Observatoire géopolitique français des Drogues (OGD), prétend que les paiements effectués par la compagnie pétrolière TOTAL ont été utilisés par la junte pour  dissimuler le fait que la vente d’héroïne sert à financer l’achat d’armes. Ces achats se sont élevés à $2 milliards selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) (Institut international de recherche de la paix de Stockholm). De plus petits contrats d’armes ont été conclus au sein de la junte. Selon un rapport de François Casanier paru à Paris dans le Digipresse  le 5 novembre 1996, les généraux birmans ont au cours des quatre dernières années utilisé la société Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE) comme principale filière pour blanchir l’argent de la drogue. Les partenaires de la junte ont imagine une stratégie visant à diversifier les sources de revenus apparents du régime.. La Visit Burma Year 1996 est l’une d’entre elles. Pendant ce temps, une autre banque française, la Banque Française du Commerce Extérieur, (la première est la BNDP), a été ouverte à Rangoon. M. Pascal Becker, le représentant en chef de la banque pour la Birmanie et Thaïlande, a dit que cela rendrait service aux clients de l’Europe et de l’Asie du Sud-Est. Les particularités et caractéristiques des Français sont apparues quand Thierry Desmarest, le directeur général de TOTAL, lors d’une assemblée générale des actionnaires, prenant l’exemple des mensonges de la junte, a catégoriquement nié que TOTAL était un partenaire de la junte birmane dans l’exploitation du pétrole et a affirmé que TOTAL n’avait rien fait de mal.
 
Ainsi malgré la rhétorique grandiloquente du cabinet du président Chirac, à savoir que la France est le pays historique des droits de l’homme, et malgré le fait que le Président n’assistera pas à la cérémonie, personne n’oserait faire remarquer que Michel Junot, l’ancien adjoint du Président Jacques Chirac, a surveillé la déportation de 1 000 Juifs de la France occupée dans un camp de la mort nazi en 1942 sous le régime de Vichy. Aussi, pourquoi prêter attention à la situation difficile de ces Birmans inconnus ? Quelle tristesse de voir qu’aucune leçon n’a été tirée du passé et qu’ils continuent inlassablement à simuler comme si le monde ne connaissait rien de mieux.
 
Mais, pour être franc, les espoirs et aspirations des Birmans pour la démocratie leur sont venus de l’Occident et  ils croyaient que les droits de l’homme ne seraient pas sacrifiés sur l’autel du commerce et de l’économie. Si la formidable Union européenne se dérobait, on perdrait une des dernières chances cruciales de la communauté internationale pour démanteler le concept de plus en plus bizarre « d’engagement constructif »  et exercer des pressions sur les généraux birmans pour qu’ils adoptent la démocratie. Le Président Jacques CHIRAC ira-t-il au-delà d’un geste symbolique ? Il faut attendre pour voir.
Kanböza Win  est un ancien chercheur attaché (Visiting Senior Research Fellow) à l’Institut européen des Recherches sur l’Asie basé à Bruxelles.

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